Ce mercredi, une soixantaine de personnes dont des postiers des Haut-de-Seine, en grève depuis presque un an, ont occupé la cour du ministère du Travail.  Leur but : s’entretenir avec Muriel Pénicaud.

Déception et colère du côté des manifestants. Non seulement aucune garantie de rendez-vous avec la ministre ou un membre de son cabinet n’aura, pour le moment, été obtenue mais leur mouvement a été sévèrement réprimandé par les CRS. « On a eu un déchaînement de violence incroyable alors que l’action s’est faite dans une ambiance bonne enfant » déplore Gäel Quirante, secrétaire départemental du syndicat SUD-Poste 92 » au micro de BFM Paris. « On était en discussion avec des représentants du ministère pour avoir une audience en début de semaine prochaine. On a eu une intervention des CRS extrêmement violente. Un de nos camarades a le bras fracturé ». A cette heure donc, une sortie de crise ne semble pas envisageable. Et le syndicaliste d’expliquer  » »Voilà 11 mois que 150 facteurs et factrices, 20% des effectifs sont en grève reconductible avec des paies à 0 euros. Et la Poste refuse de négocier ». Selon lui, 20 % des facteurs du département des Hauts-de-Seine participent toujours activement à la grève qui dure depuis 320 jours.

Une grève motivée notamment par les cadences imposées et des normes de distribution selon eux impossibles à appliquer. « La Poste doit montrer comment ils élaborent les cadences » demande Nicolas Le Troquer, facteur à Boulogne-Billancourt. « Par exemple, ils ont établi que la norme pour distribuer un recommandé était d’une minute 30 secondes mais ils refusent de nous communiquer la manière dont ils sont arrivés à ce calcul ».

Et Gaël Quirante de conclure : « On ne va pas lâcher l’affaire. On est l’organisation syndicale majoritaire, on est soutenu  majoritairement par nos collègues sur les Hauts-de-Seine. Il va falloir négocier. Les tentatives de régler le conflit par la répression ne fonctionneront pas. »