Depuis qu’elle sait tenir un crayon, Maëlle Lefèvre,  fille d’une libraire et d’un amoureux des films du japonais Takeshi Kitano, noircit des pages d’histoires en tout genre. Un jour, il y a trois ans, un article et un voyage lui donnent l’inspiration pour ce qui va être son tout premier roman, Jiazoku

A seulement 20 ans, Maëlle Lefèvre signe son tout premier roman chez Albin Michel, Jiazoku. Une incroyable plongée au cœur du monde des Yakuzas, la mafia tokyoïte. « C’est un rêve devenu réalité » nous confie la jeune boulonnaise, depuis Taïwan, où elle poursuit de brillantes études. «  Je suis en troisième année de licence » explique-t-elle « c’est un double cursus, de la biologie avec l’université Paris VI, et Science Po offre la possibilité à ses étudiants de suivre un stage de langue intensif.  Ainsi, j’ai dix heures de cours de chinois par semaine ». Elle renoue avec cette langue qu’elle a commencé à étudier au collège, mais qu’elle a dû abandonner au lycée, faute de temps. «  J’ai toujours été très attirée par la culture chinoise, et mon collège, La Fontaine, dans le 16ème arrondissement de Paris offrait la possibilité de l’étudier » C’est là qu’elle va faire la connaissance d’Annie, une collégienne d’origine chinoise. Une rencontre importante…

« Sans ce voyage, je n’aurais jamais écrit ce livre »

Au printemps 2016, l’adolescente de 17 ans tombe sur un article qui l’interpelle. Il parle d’un trafic de mères porteuses chinoises, orchestré par les yakuzas. En juin de la même année, Annie, lui propose d’aller voir sa famille en Chine. « Je n’avais jamais pris l’avion » confie Maëlle. A son retour à Boulogne, après un mois et demi passé à sillonner le pays du Soleil Levant, elle commence l’écriture de son roman. « Je me sentais plus légitime pour parler des paysages, de l’ambiance. Sans ce voyage, je n’aurais jamais écrit ce livre » explique-t-elle, avant d’admettre  «  en revanche, Tokyo, je ne l’ai visité qu’il y a très peu de temps ». Le continent asiatique l’a tant inspirée, qu’il est à nouveau le décor de ses deux nouveaux romans. L’un se déroule entre Kyoto et Hong-Kong, l’autre entre  Beijing et Osaka.

Elle a déjà deux autres romans en préparation

Car non, Maëlle ne compte pas s’arrêter là. D’autant plus qu’elle a toujours écrit. « Déjà au CP j’écrivais de petites histoires, que j’avais reliées avec un fil de couleur. Ensuite, j’ai pas mal écrit du fantastique ». Un jour un camarade de classe, connaissant ses velléités d’écrivain, lui propose de faire lire ses écrits à son père, éditeur chez Albin Michel.  « Au départ, il me corrigeait mes défauts, me pointait mes maladresses. Il m’a toujours encouragée. Une fois mon roman achevé, comme pour mes autres textes, je le lui ai soumis.  Et là, il m’a dit : il faut le publier ». Chose faite le 2 janvier dernier.

En septembre, de retour en France, elle devrait se lancer dans un Master. « C’est encore flou. Soit en affaires internationales pour devenir diplomate en Asie, soit en affaires européennes pour travailler sur les relations entre l’Europe et l’Asie ».  Un cursus qui devrait, selon elle, lui laisser également du temps pour écrire. On n’a pas fini d’entendre parler de Maëlle Lefèvre…